Libérer ses émotions grâce à l’art thérapie

Il y a peu, j’ai fait la découverte de @lesdessinsducoeur. Les Dessins du coeur, c’est un magnifique compte Insta tout coloré tenu par une femme inspirante. Amélie. Sa mission est simple : t’aider à te reconnecter à tes émotions et ton coeur grâce à l’art thérapie.

Quand j’ai lu ses posts, ça m’a parlé direct. Pis je voulais essayer. Je sentais que j’en avais besoin. Pis ce soir, semblerait que c’était le moment.

 

J’ai téléchargé son outil gratuit pour mettre en lumière les masques que l’on porte au quotidien pour cacher qui on est. Sauf que ça me parlait pas tant. Faque je l’ai fait à l’envers. J’avais besoin de dessiner tout ce que je cache. Tout ce que j’enfouis, tout ce que je ressens au plus profond.

Je savais qu’il y avait de l’ombre. Mais honnêtement, je pensais pas à ce point là. Je pense surtout que ça avait besoin de sortir. De s’exprimer.

 

Faque j’ai écouté ce que me disait mon corps. J’ai imprimé un des visages. Je me suis mis Eddy de Pretto dans les oreilles pis je me suis armée de crayons. Et je me suis laissée porter par ce que mes émotions avaient besoin d’exprimer. Ça a donné ça.

 

 

Quand mon regard s’est posé sur le dessin vierge, avec seulement le visage, j’ai tout de suite su par quoi je voulais commencer. Ses yeux. Il fallait que j’y mette des larmes. Rouges. Des larmes de sang. Des larmes remplies de toute la tristesse que je ressens depuis une période qui me parait être toujours. La tristesse d’avoir été trop rejetée, changée, façonnée, ballotée, humiliée, laissée. Des larmes qui s’arrêteraient jamais de couler. Et quand les seules fois où je m’autorise à en laisser sortir, j’ai l’impression que chaque goutte serait remplie de milliers de mots, de milliers d’émotions, de milliers de ressentis.

 

En suite, j’ai voulu représenter ses paroles. Un givre de glace. Comme si mes mots n’avaient pas de chaleur. Pas d’émotions. Pas de vérité. Comme si mes paroles étaient juste une brise de vent glacial perdu dans l’immensité de l’hiver. Comme si tout ce que je disais ne venait pas du coeur. N’était pas sincère. Comme si mes paroles n’étaient jamais moi. Comme si mon corps et mon âme étaient incapable de parler. Muets de naissance. Réduits au silence.

Pis j’ai eu besoin de rajouter une épée qui me rentre dans la bouche. Ça, c’est toutes les paroles qui m’ont blessées. Transpercée en pleine gorge. Lacérée toute entière. Tous ces coups de poignards que tu te prends dans la gueule pour seule faute de laisser transparaitre une fraction de seconde qui tu es. De toutes ces personnes qui se disent amour. De toutes ces personnes qui sont censées t’encourager quoi qu’il en coute. Ces putains de coups de poignards que tu gardes enfoncés dans ta chair toute ta vie.

 

Puis j’ai dessiné mon coeur. Un coeur qui s’est enveloppé de couches supplémentaires à chaque bataille. Qui s’est protégé. Qui s’est construit un rempart. Mais qui est là. Vivant. Fort. Puissant. Immense. Généreux. Aimant. Qui malgré tous les coups d’éclairs et les crevasses continue de battre. Et d’y croire. Un peu trop crédulement parfois. Mais qui vibre. Qui rayonne. Qui propulse. Qui irradie sa lumière. Qui continue d’aimer bien plus fort qu’il ne le peut à lui seul.

 

Et après ça, il fallait que je m’attaque aux pensées. Pis à l’image que je renvoie au quotidien. Pis là, ça a fait mal. Ce qui m’est venu, c’est une auréole dorée. Tsé, Mélissa, c’est un ange. Elle est tellement gentille. Elle fait ce qu’on lui demande. Elle écoute. C’est tellement facile de travailler avec elle.

Comme si j’étais parfaite. Comme si j’étais juste du positif. Comme si tout allait bien. Mais putain que non, tout va pas bien. Tu le vois pas, mais j’ai un putain de serpent qui tourne autour de mon auréole. Des putains de pensées noires. Qui s’accrochent. Qui lâchent pas. Qui s’enroulent. Qui prennent ben de la place. Elles sont comme du pétrole. Un truc noir et visqueux qui colle partout. Quand t’en enlèves un bout, c’est trois de plus qui se collent ailleurs. À te susurrer des pensées de merde à l’oreille. À te faire croire de tout envoyer valser, de tout détruire, de semer le chaos. De tout faire mourir autour de toi. Juste quelques secondes. Juste l’espace d’un instant. Qui aspire qu’à une chose : te voir te relever d’un nuage de fumée, regarder tout autour et ne plus rien voir à des kilomètres qu’un désert noir calciné. Et être la seule âme encore vivante dans un monde réduit à néant.

 

Encore là, je te dis ça, mais quand je relis ces lignes, je me rends compte qu’il y a pas que cette noirceur-là en moi. C’est juste que là, ce soir, c’est elle qui avait besoin de parler. J’ai bien envie de refaire cet exercice plus tard pour voir ce qui en ressort. Je suis certaine que rendu à une autre étape de ma vie, ça sera autre chose qui transparaitra.

 

Pis c’est ça qui fait la beauté des émotions. Aussi puissantes elles peuvent être, elles sont aussi bien souvent éphémères. À revenir par vague. Le tout est d’apprendre à surfer d’une vague à l’autre.

 

Pis si toi aussi t’as envie d’essayer l’art thérapie comme planche de surf, je t’encourage d’aller faire un tour du côté de la belle Amélie. Certain qu’elle aura ce qui te correspond dans ses boîtes de feutres.

 

À bientôt!

Prends bien soin de toi.

Mel xx