Histoire de vie antérieure (Partie 1)

Je te mettrais bien partie 1 de …X… en titre, mais honnêtement je sais pas encore où je m’en vais avec cette série d’articles.

Faque peut-être qu’à l’heure où tu liras ce texte, il y en aura six autres de parus après. Ou peut-être que deux. Dans tous les cas, je te remercie de passer ces précieuses minutes avec moi et je te souhaite un bon voyage dans cette nouvelle aventure.

 

En vrai, ça fait plusieurs semaines que les exercices de visualisation/méditation guidée me font de l’oeil. Pis un soir j’ai fini par me laisser tenter pis j’ai adoré ça. Surtout la partie où tu dois visualiser des choses dans ta tête. Ça me transporte à chaque fois à l’autre bout de l’univers. Comme si j’assistais à l’avant-première d’un film. Sauf que c’est moi qui suis à la fois réalisatrice, scénariste et actrice. Sauf que je découvre le script en même temps que toi.

Pis dans les suggestions Youtube, à un moment je suis tombée sur « regression dans ses vies antérieures ».

J’ai même pas eu besoin de réfléchir, j’ai appuyé sur Play direct. Mon âme me demandait de la faire. En fait, non. Elle me disait « C’est cette méditation que tu attendais ». Je sentais que je tombais pas dessus par hasard.

Pour vrai, si tu m’avais parlé de vies antérieures il y a un an, j’aurai sûrement rigolé en disant que c’était n’importe quoi. Qu’on ne se réincarnait pas. Que c’était notre cerveau qui créait une histoire logique à laquelle se raccrocher.

Pis voilà qu’aujourd’hui, je me retrouve les yeux fermés sur ma chaise de bureau, casque sur les oreilles à essayer de découvrir qui j’ai été dans une autre vie.

 

Pis honnêtement, de toi à moi là, je mentirais si je te disais que j’avais pas peur. Pis que j’étais confiance. Archi faux. J’étais super angoissée. Excitée aussi. Mais vraiment angoissée quand même. Après tout, on sait pas sur quoi on va tomber. J’aurai pu être Hitler ou un tueur en série…

Mais l’appel de mon âme était trop fort. Alors j’ai rassemblé mon courage et je m’y suis plongé toute entière.

 

Après 20 minutes de relaxation et de visualisation d’un long couloir, je me suis retrouvée devant une porte. Elle était blanche, avec une poignée dorée. Chic. Élégante. Il y avait même quelques minuscules pierres qui semblaient y être incrustées. Puis j’ai levé le nez et j’y ai vu des chiffres. Plus précisément une date. 1763.

Pis faut que tu saches un truc là, c’est que moi et l’histoire, ça fait 3. Même 10. Je retiens jamais les chronologies, les évènements, les gens… Faque autant te dire que cette date me disait absolument rien. Mais alors rien de rien.

Mais bon, maintenant que j’étais rendue là, fallait bien rentrer. On s’entend que je venais pas de passer 20 minutes à attendre pour m’arrêter sur le pas de la porte. Faque je l’ai ouverte. Pis je suis passée de l’autre côté.

 

D’abord il y a une grande lumière blanche qui m’a éblouit. Tellement qu’il m’a fallut plusieurs secondes pour m’acclimater. Une fois mes yeux habitués à la lumière, j’ai vu que je me trouvais dans un salon, clair, les murs blancs. C’était des murs super hauts d’ailleurs. J’étais clairement dans une espèce de château ou de grande demeure. Pis il y avait un homme debout devant une grande baie-vitrée. Il était brun, les cheveux longs attachés en queue de cheval basse. Noués avec un ruban.

Pis il était habillé comme dans les films de Pirates des Caraïbes ou Orgueil et Préjugés. Tu sais, ces pantalons moulants, ses longues vestes bleu marine avec des boutons dorés et des bas blancs. Il était super élégant. Mais aussi super fermé. Pour vrai, même une vidéo de chaton lui aurait pas décroché un sourire.

Il regardait la pluie par la fenêtre, les yeux dans le vague. Il me semblait triste. Préoccupé. Pis en l’observant un peu mieux, j’ai vu qu’il tenait une lettre dans ses mains. Elle était en papier usé et écrite à la main comme ça se fait plus.

 

Faque je pense que tu me vois venir. On s’entend qu’il FALLAIT que je sache ce qu’il y avait d’écrit sur cette lettre.

Alors je me suis avancée et j’ai tendu la main pour me saisir du papier. Et au moment où j’ai amorcé le geste, je me suis sentie basculer. D’un coup. C’est comme si mon âme s’était transférée dans son corps. Et je me suis sentie submergée par ses émotions en une fraction de seconde. Un claquement de doigt. C’était comme un raz de marrée. Une immense vague. Je ressentais tout. Sa colère, sa peine, ses peurs. Il était terrorisé. Et en même temps tellement triste. Pour vrai, c’était la première fois que je ressentais autant de peine de toute ma vie.

Et en même temps, à demi-consciente sur ma chaise, je sentais mon vrai corps assis trembler, mon visage se crisper. J’avais envie de pleurer comme jamais. Je sentais les larmes monter. Je faisais « non » de la tête pour essayer de me libérer de sa souffrance, mais j’y arrivais pas. Ça me lâchait pas.

Mais on s’entend que j’étais là pour une bonne raison. Fallait que j’en sache plus. Alors j’ai commencé à lire ce que je voyais sur la lettre :

 

Ulrich,

J’espère que tu sauras pardonner mon départ. J’ai bien conscience que tes obligations te retiennent ici, et je ne saurais t’en vouloir. Même si la perspective de vivre sans toi me brise le cœur, je me devais de tenter ma chance. Ici les balles fusent et les canons grondent à toute heure. La perspective de te retrouver un jour et de rebâtir ma vie en cette nouvelle contrée me remplit de joie et de courage. Je garde espoir de pouvoir m’en tirer entier.

Puissions-nous un jour être à nouveau réunis.

Quoi qu’il se passe, sache que je t’aimerais toujours.

Avec tout mon amour,

Nyls.

 

Plus je lisais, et plus j’avais des flashs. Je voyais des images d’un soldat. Les yeux clairs, les cheveux châtains, plutôt longs. Et plus je voyais ces images, plus je sentais la panique monter. Ça me prenait à la gorge. J’avais du mal à respirer. Ça me faisait tellement mal de l’intérieur. En fait, je comprenais que c’était pas des souvenirs. C’était Ulrich qui s’imaginait ces images-là dans sa tête en lisant la lettre.

C’est fou comme la peur peut te faire visualiser plein de choses juste pour te conforter dans son sentiment. Juste pour continuer de s’alimenter elle-même. Comme pour se justifier de la ressentir encore plus intensément. Juste pour la nourrir à chaque pensée un peu plus.

 

Et la scène s’est arrêtée là. Je savais que je m’appelais Ulrich et que j’étais fou amoureux d’un autre homme partit à la guerre. Dans une autre vie, j’étais un homme gay. Pis je peux te dire que cette info, elle a fait boum dans mon coeur.

Parce que depuis toujours, les films mettant en scène un couple avec deux hommes viennent me prendre aux tripes. Je te jure. À chaque fois que je vois deux hommes s’embrasser, je sens mon âme se serrer. Et je peux pas m’empêcher de pleurer. Sans rien y comprendre. C’est comme si ça venait réveiller une vieille blessure, une histoire incomplète, la plus grosse peine d’amour de l’histoire de l’humanité.

Pis je peux te dire que quand t’as seize ans et que c’est la 8ème fois que tu regardes Brokeback Mountain en 3 jours, bah je peux te dire que tu commences à te poser des questions, sévère. À même te demander si tu serais pas un mec homosexuel dans le fond tellement ça vient te remuer.

Mais non. En fait c’est juste ton âme qui a pas tout réglé dans son ancienne vie et qui se réveille quand on vient appuyer là où ça fait mal.

Tu vas peut-être te dire que c’est juste mon cerveau qui a recollé des morceaux de depuis que je suis petite pour créer quelquechose de « plausible » et d’à peu prêt explicable. Peut-être bien que oui. Ou peut-être bien que non. À toi de voir si t’as envie d’y croire ou non.

 

Moi, j’ai choisi d’y croire. Pis il y a 2 raisons à ça.

La première, c’est qu’une fois la méditation terminée, je suis allé voir ce qu’il s’était passé en 1763. Et il se trouve que c’était la fin de la guerre de sept ans. En résumé très rapide et simplifié pour le contexte de cet article : Certains pays d’Europe (France, Autriche, Grande-Bretagne, etc.) ont envoyé leurs troupes au Canada pour essayer de s’en emparer (ou le garder selon dans quel camp on se pose).

En gros, ma vie antérieure, c’est l’histoire d’un couple qui s’aime éperdument habitant en Europe. L’un veut partir au Canada et propose à l’autre de partir. Mais il dit non (Je dis non). L’autre part quand même là-bas. Et je suis dévastée. Et Spoiler alert : Je meurs. Tu peux aller lire ce bout là ici si tu veux.

 

Et dans ma vie actuelle, on est un couple Français qui s’aime éperdument. On avait tous les deux envie d’ailleurs. Alex m’a proposé le Canada. J’ai accepté. On vit ici maintenant. Tu vois où je veux en venir ? C’est comme si mon âme était en train de réaliser ce qu’elle avait pas pu faire il y a 4 siècles. C’est comme si l’histoire se répétait et que je prenais une autre voie parce que j’étais morte à la première tentative d’avoir préféré le travail à l’amour. Tu sais, comme dans ces jeux où si tu choisis la mauvaise réponse, tu meures et tu reviens à la dernière question. Bah là c’est pareil. Sauf que cette fois-ci, j’ai choisi de le suivre. J’ai choisi l’amour. Et je sais que quoi qu’il arrive, je le choisirai toujours. Parce que ça sera toujours lui. Avoue, ça te fait de quoi toi aussi.

 

Pis la 2ème raison c’est que j’ai choisi d’y croire, tout simplement. Parce que je pense que l’univers a des plans. Depuis bien plus longtemps mes 30 petites années de vie. Faque j’ai choisi de m’en remettre à lui. Et d’en profiter pour rêver. Pour vivre. Pleinement. Et voir tout ce qui est possible en cette existence.

 

Et toi, il y a des choses que t’explique pas dans ta vie ?